Je le savais que ça serait propice à tout un tas de doutes mais je me suis cru au dessus de ça. Je me suis trompée. Quand je me vois dans une cuisine je me dis que ça m'éclate vraiment, que ça aussi ça aurait pu être un chemin de vie, ouvrir un traîteur et faire à manger pour tout un tas de gens en innovant toujours. Pas de restau car ça fout trop en l'air la vie, mais un traîteur c'est bien. Alors évidemment ça n'arrange rien d'être détendue en cuisinant, parce que du coup j'y passe énormément de temps…
Les doutes sont grands. Même s'il évident que parmi toutes, c'était cette voie la mienne. Je tripe oui, complètement, d'être instit. Et quand je tombe sur des trucs, des détails ou des trucs que seuls les cinglés dans mon genre peuvent comprendre alors je me dis qu'évidemment je dois m'accrocher. Mais j'ai du mal.
Je sais que c'est normal, qu'il faut un temps d'adaptation, qu'on ne passe pas d'être étudiant comme ça, à professeur des écoles avec des responsabilités, des remises en question, du taf par dessus la tête. Et je crois que je sature un peu.
La nuit dernière j'ai fait des fiches de prép toute la nuit dans un demi-sommeil… Grave hein? Et quand je dois m'y mettre je bloque complètement. Je ne me sens absolument pas à la hauteur. Tout ce jargon qui me parle encore un peu chinois parfois. Toutes ces sortes d'objectifs différents que je ne maîtrise pas encore. Ces écarts entre ce qu'ils appellent le prévu et le réalisé qui te foutent en l'air une séance et te renvoient à ton rang de novice qui a franchement encore du boulot avant de piger.
C'est difficile. Voilà. Je suis face à des difficultés que j'ai du mal à maîtriser et ça me fait peur. Parce que je me demande si je vais un jour les maîtriser, ou bien si je ne suis définitivement pas à la hauteur. Quand tu te retrouves face à des mômes à qui tu es en train d'apprendre à écrire, à compter, tu en as des putains de responsabilité. Et quand on te dit que 3 c'est 4 eh bien il ne suffit pas de dire “non c'est 3″ pour que ça entre dans un crâne, c'est rempli de stratagèmes, de chemins sinueux un apprentissage et moi là j'suis un peu paumée dans le dédale.
Pourtant, j'adore ça. Je le ressens jusqu'au fond de mes tripes que le reste c'est bien, la cuisine, l'informatique, toutes les voies que j'ai laissé tomber, ça vaut pas le quart de ce métier. Mais bordel, je me suis mise dans de beaux draps.
Alors je vais bloquer encore un moment sur cet écrit à rendre. Sur mes lundis à préparer. Sur mes 3 semaines de remplacement à faire. Remplacement d'une instit du tonnerre qui prend sa retraite… 35 ans d'expérience… ça va les changer les mômes de m'avoir moi. Ca aussi ça fout la pression. Je dois être à la hauteur.
Ho, pfou, je réflechis trop hein ? Est-ce que j'y peux quelque chose? Pas sûre.